Seconde morte et histoire
Cette complication horlogère trouve son essence dans la volonté, très ancienne, de mesurer le temps qui s’écoule sous nos yeux. Bien que les appareils à pendule « battant la seconde », désignant l’allure de l’aiguille des secondes quand celle-ci ne bouge qu’une fois la seconde écoulée, existent déjà, il naît chez les horlogers du XVIIIème siècle la volonté de créer un outil permettant d’arrêter la folle course des secondes afin d’effectuer des mesures précises. La complication de « seconde morte » renvoie donc au battement régulier à chaque seconde visible sur un outil horloger. Bien loin des montres à quartz, ce dispositif renferme une complexité technique très importante puisque nous parlons d’appareils à mouvements mécaniques qui ne bénéficient pas de la simplicité que peuvent avoir les mouvements à quartz.
La première solution, la plus simple techniquement mais loin d’être la plus pratique dans le temps, a été d’arrêter complètement le mouvement comme la montre de Romilly en 1754 que l’on trouve dans l’Encyclopédie de Diderot.
La seconde solution arrive en 1776 grâce à Jean-Moïse Pouzait, fondateur de l’École d’horlogerie de Genève. Il dépose un mémoire, en quelque sorte un brevet, décrivant le même principe de seconde morte mais, cette fois, indépendante. En effet, grâce à un second corps de rouages la trotteuse peut être arrêtée à volonté grâce à un bouton. Bien que ce ne soit pas encore parfait et qu’il faille toujours noter le début et la fin de la prise des mesures, à cause du fait qu’il soit impossible de ramener la trotteuse à zéro, notons qu’en quelques décennies le monde horloger voit une complication se développer.
Ce développement des outils de mesure du temps va permettre, au XIXème siècle, d’optimiser ces mécanismes et créer la remise à zéro, ce qui aboutira au chronographe sous sa forme actuelle. Ainsi, bien que cette complication soit décriée pour sa ressemblance basique avec des montres à quartz, il est à noter que le savoir-faire technique sous-jacent à cette complication est extrêmement complexe et mérite l’intérêt que nous lui portons.
Aussi est-il clair que son histoire est essentielle à connaître pour comprendre davantage la genèse des chronographes modernes.
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